Violence scolaire: Alliot-Marie et Darcos dévoilent leur plan

Violence scolaire: Alliot-Marie et Darcos dévoilent leur plan
Si la collaboration interministérielle Education nationale et Intérieur n'est pas nouvelle, jamais les deux ministres, Xavier Darcos et Michèle Alliot-Marie, ne s'étaient exprimés ensemble sur la violence scolaire.

Désormais vous connaissez donc le nombre d'établissements qui sont touchés par des «intrusions» en France ?
Michèle Alliot-Marie. Plus que le nombre, ce qui compte, c'est la philosophie de cette nouvelle démarche: l'école doit être un sanctuaire de sécurité, où les parents sont sûrs que les enfants sont protégés, et les adultes aussi

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Xavier Darcos. Les rectorats ont identifié à ce jour 120 établissements particulièrement concernés par des phénomènes d'intrusion, sur lesquels nous allons cibler notre action. Au plan national cette année, les faits d'intrusion sont d'ailleurs en augmentation avec une moyenne de 50 par mois. Mais un collège ou un lycée, ce n'est pas un lieu comme les autres : c'est l'endroit où se transmet le savoir, il doit être sanctuarisé. Avec le président de la République, il nous est apparu que l'établissement scolaire ne peut en effet plus seulement être un lieu protégé par ses règles internes (le règlement intérieur) puisqu'il se trouve confronté à un phénomène récent, celui de la violence importée, qui dans 15% des cas est le fait de personnes totalement extérieures à l'établissement. Il faut donc renforcer les outils qui permettent de faire face à cette violence qui vient de l'extérieur.
C'est nouveau ?

Xavier Darcos. Oui. Et ce qui l'est aussi, c'est que certaines de ces incursions peuvent se faire avec des armes.
Michèle Alliot-Marie. Le plus souvent avec des armes blanches ou des objets utilisés comme des armes : barre de fer, bâtons... Longtemps, les violences scolaires recensées étaient essentiellement des vols, des bagarres internes- grand classique des cours de récréation-, quelques violences venues de l'extérieur, qui étaient le fait de frères, cousins, parents d'un élève. Ce qui s'est passé à Gagny a mis en lumière l'émergence d'un phénomène qui jusqu'ici n'avait pas pris de telles proportions en termes de violence et d'intensité. Les origines des règlements de comptes importés dans l'enceinte scolaire sont diverses : trafics de drogue, rivalités amoureuses, sentiments d'appartenance à un quartier, à une bande...
Vous avez donc une liste, et vous ne voulez pas la divulguer ?
Xavier Darcos. Non. Il n'est pas question de stigmatiser tel ou tel établissement. Ce n'est pas le but du recensement que nous avons demandé aux rectorats. L'idée est que dans ces collèges et lycées, on fasse valider ou actualiser le diagnostic de sécurité pour mieux cibler les actions à y mener.
La violence scolaire et ses chiffres restent donc un sujet tabou en France ?
Xavier Darcos. Des chiffres, nous en avons. Jusqu'en 2006, nous avions au ministère de l'Education le logiciel Signa. Les chefs d'établissements devaient le renseigner en signalant chaque acte violent. Eux-mêmes ont commencé à sous déclarer les faits, pour ne pas voir le nom de leur établissement revenir trop souvent. Depuis, nous avons instauré Sivis (système d'information et de vigilance sur la sécurité scolaire), un logiciel d'enquête national qui permet de mesurer le niveau de la violence scolaire. Il ressort de cette mesure qu'au cours de l'année 2007-2008, 11,8 incidents graves ont été signalés pour mille élèves. Ces actes de violences graves, plus fréquents dans les collèges que les lycées, ont pour 85% d'entre eux été commis par des élèves de l'établissement et pour 36% relevaient de la violence entre élèves, qui sont aussi souvent les victimes. Par ailleurs, tous les soirs, chaque recteur dispose des signalements de la journée dans son académie, ce qui donne à nos responsables une connaissance assez fine de la situation.
Michèle Alliot-Marie. A titre d'exemple, sur Paris depuis la rentrée, 1215 faits ont été commis dans ou aux abords des établissements scolaires, qui vont des vols aux violences, en passant par le trafic de stupéfiants. Ils ont donné lieu à 175 interpellations.
Quels critères aviez-vous donné aux rectorats et préfectures pour sélectionner ces 120 établissement les plus touchés par la violence et les phénomènes d'intrusion ?
Xavier Darcos. Les recteurs ont retenu les établissements qui connaissaient les phénomènes d'intrusion les plus marquants. Il n'y a d'ailleurs pas de grandes surprises : on retrouve dans cette liste les établissements dans lesquels ces faits se produisent régulièrement. Le plus souvent, il s'agit de de cités scolaires, moins bien fermées où il est plus facile, parce que c'est grand, de s'introduire.
Moins bien fermés : cela veut dire que pour éviter cette nouvelle forme de violence, c'en est fini de l'école «ouverte»?
Michèle Alliot-Marie. L'école «fermée» n'est pas une nouveauté. Jusqu'aux années 1950, elles étaient d'ailleurs construites comme des lieux clos. Ensuite, on a davantage ouvert l'établissement sur la ville. Mais l'évolution de la société fait que pour des raisons de sécurité des élèves et des professeurs, il faut parfois privilégier l'interdiction d'accès extérieur.
Concrètement, vous allez donc vous concerter entre ministères pour imaginer des solutions ?
Michèle Alliot-Marie. Le travail en commun n'est pas nouveau ! Nous avons déjà une convention interministérielle, qui a été réactualisée en fin d'année dernière. En 2008, nous comptions 6000 policiers ou gendarmes référents. Ils sont pour les chefs d'établissement des interlocuteurs privilégiés, qu'ils connaissent, avec qui ils peuvent discuter librement. Ils participent à l'élaboration des diagnostics de sécurité comme aux opérations de prévention, et interviennent en cas de besoin.
Xavier Darcos. Ce travail de coopération qui prend notamment la forme de policiers référents est essentiel et nous allons l'intensifier. Par ailleurs, plus en amont du problème, nous avons engagé cette année une action assez vigoureuse de lutte contre l'absentéisme et le décrochage scolaire. On sait en effet que les établissements où se concentrent les faits de violence sont aussi ceux où l'on constate un décrochage scolaire massif.
Quoi de neuf alors ? A Gagny il y avait pourtant un policier référent. Il y avait même une caméra vidéo surveillant l'accès à l'établissement...

Michèle Alliot-Marie. C'est vrai. Mais on peut aussi considérer que cela nous a permis d'intervenir très rapidement et de procéder à des interpellations le jour même. En matière judiciaire, les peines encourues vont être aggravées, en transformant l'intrusion, qui n'était qu'une contravention, en délit...

Xavier Darcos. Et puis le ciblage des établissements les plus touchés va nous permettre d'instaurer, ensemble, des équipes mobiles capables de répondre aux besoins plus vite, à l'image de ce qui se fait en Ile-de-France. Par exemple, dans l'académie de Versailles, un système d'aide aux établissements a été mis en œuvre, avec des équipes qui viennent voir dans l'établissement ce qui ne va pas, qui identifient les améliorations possibles, qui participent aux diagnostics de sécurité ou accompagnent après des incidents graves.
Allez-vous prôner la généralisation des caméras au sein des établissements ?

Michèle Alliot-Marie. Sans le systématiser, je veux développer ce système. La société a évolué sur ce point. 75% des Français approuveraient aujourd'hui leur installation, si j'en crois les sondages, preuve qu'ils ont compris que la vidéo-protection était dissuasive et qu'elle facilitait la résolution des enquêtes, sans pour autant porter atteinte à leurs libertés. Dans certains endroits, des caméras sont déjà installées. Nous allons nous assurer grâce aux diagnostics qui doivent être faits pour la mi-mai, qu'elles sont bien placées aux endroits stratégiques et peuvent être reliées aux services de police.

Xavier Darcos. Les contrôles humains aux entrées et sorties sont également essentiels. Le rôle des conseillers principaux d'éducation (CPE) et des chefs d'établissement est, à cet égard, absolument essentiel : connaître tous ses élèves, c'est important. Quand au lien plus étroit avec la police, j'observe qu'en Angleterre cela ne choque personne de voir un policier en uniforme passer régulièrement dans une école...
Pour renforcer le rôle des policiers référents, envisagez vous d'en installer carrément à l'intérieur des établissements "ciblés"?

Michèle Alliot-Marie. Non, l'école n'est pas une annexe du commissariat. Même si les drames qui se sont déroulés à l'étranger, en Allemagne dernièrement, ont rendu les gens plus sensibles à la sécurisation des écoles, ce n'est pas le rôle d'un policier que de se trouver en permanence dans une école. La sécurité, c'est une chaine, où chacun a un rôle, et une place.
Depuis vingt ans il y a déjà eu plusieurs plans antiviolences...

Michèle Alliot-Marie. Ce qui change cette fois, c'est l'état d'esprit, l'idée que nous devons travailler ensemble, enseignants, parents, élèves, forces de l'ordre. Ensemble, nous pourrons agir, au cas par cas, à certains endroits ou sur certains types de problèmes.

Xavier Darcos. Il ne s'agit pas de monter une usine à gaz universelle mais du «cousu main» : répondre à chaque cas particulier de façon adaptée, tout de suite, contre ce phénomène nouveau. Chaque époque doit savoir trouver les réponses les plus justes aux problèmes de son temps.
Michèle Alliot-Marie. Dès qu'un dispositif existe, nous savons que les délinquants cherchent à le contourner. Lutter contre la délinquance impose donc de s'adapter en permanence. C'est ce que nous faisons.

Source Le Parisien
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# Posté le samedi 04 avril 2009 17:59

Michèle ALLIOT MARIE : « Je veux rapprocher l'administration du citoyen »

Michèle ALLIOT MARIE : « Je veux rapprocher l'administration du citoyen »


Michèle Alliot-Marie. Je veux rapprocher l'administration du citoyen dans tous les domaines qui relèvent de mon ministère. Les Français se plaignent souvent, à juste titre, de la longueur des démarches et de l'obligation de se déplacer pour accomplir certaines formalités. J'ai donc souhaité qu'on utilise les nouvelles technologies, dès lors qu'elles constituent un progrès ou une simplification pour l'usager. Ce sera le cas pour le dépôt de plainte.



Aujourd'hui, le citoyen doit se rendre au commissariat ou à la gendarmerie et patienter avant d'être reçu, lorsque la raison de sa venue ne présente pas de caractère d'extrême urgence. Avec le prédépôt de plainte en ligne, une personne victime d'un vol ou d'une atteinte aux biens pourra, depuis tout ordinateur, déclarer ce qui lui est arrivé et donner les renseignements nécessaires en les adressant au commissariat ou à la gendarmerie de son choix. En retour on lui indiquera, par e-mail ou par téléphone, que sa préplainte est bien enregistrée, et un rendez-vous lui sera fixé conformément à ses disponibilités. La victime, en s'y rendant, pourra ainsi rencontrer sans délai celui qui aura préparé la plainte, et la modifier le cas échéant avant de la signer.



Il y a donc à la fois simplification et accélération des procédures.



Les défenseurs de la départementalisation des plaques d'immatriculation viennent d'obtenir gain de cause. Pourquoi avez-vous changé d'avis ?



La réforme initiée en 2005 présente beaucoup d'avantages pour les forces de l'ordre qui recherchent un véhicule volé ou un délinquant, et d'économies pour les usagers qui ne seront plus obligés de changer leur carte grise lorsqu'ils changeront de domicile. Elle prévoyait la possibilité, mais non l'obligation, de faire figurer un numéro de département. À l'époque, je m'étais posé des questions sur cette possible disparition. Quand les parlementaires et les élus ont commencé à réagir, cet été, le système était largement en route. Mais j'ai souhaité l'aménager dans la mesure du possible.



La référence au département pourra-t-elle changer en fonction du propriétaire ?



Il faut distinguer sur la plaque le numéro d'immatriculation lui-même et les mentions qui le complètent. Grâce à cette combinaison nous pouvons conserver les avantages du système, tout en répondant aux voeux des élus et des Français en conservant l'identification départementale.



J'ai donc décidé de rendre obligatoire, et non plus facultative, la référence au département. Je garde à chaque propriétaire la possibilité de choisir le département, qui ne sera plus nécessairement celui de sa résidence principale. Cela introduira un peu d'humanité dans le système.



« La Marseillaise » a été sifflée lors du match France-Tunisie. Les stades de football posent aujourd'hui d'énormes problèmes de violence, de racisme...



Pour qui connaît l'ambiance bon enfant du rugby, la violence et le rejet de l'autre lors de certains matchs de football sont choquants, à l'opposé des valeurs du sport. Lorsque j'étais ministre de la Jeunesse et des Sports, j'avais fait voter la première loi anti-hooligans créant les interdictions de stade. Aujourd'hui pas plus qu'hier je ne tolérerai que de petits groupes véhiculant de la haine viennent gâcher ce qui doit être une fête. J'ai déjà dissous certains groupes de supporteurs agressifs ou racistes. Je recommencerai sans aucune hésitation. Avec les présidents de clubs, nous sommes convenus d'installer dans les stades des caméras de haute précision, afin d'identifier les fauteurs de troubles. La saison dernière, il y a eu 305 interdictions de stade. Un fichier des interdits a été mis en place. Dans la prochaine loi d'orientation pour la sécurité intérieure, j'ai prévu l'aggravation des peines, et notamment la possibilité de doubler la durée des interdictions de stade.



La rumeur dit que vos relations avec Nicolas Sarkozy sont assez tendues...



Non. Ces rumeurs n'affectent en rien les relations personnelles que nous pouvons avoir, pas plus que nos relations dans le travail. J'apprécie beaucoup l'autonomie dont je dispose, car c'est aussi une marque de confiance. Et je rappelle aux mauvaises langues qu'à plusieurs reprises le président m'a publiquement félicitée pour les réformes que je conduis dans ce ministère qu'il connaît bien et pour les résultats que j'ai obtenus.



À quels résultats songez-vous ?



À la baisse très sensible de la délinquance, notamment de la délinquance de proximité, à laquelle nos concitoyens sont le plus sensibles. Les objectifs qui m'ont été fixés sont en passe d'être atteints bien avant l'échéance prévue. En matière d'élucidation, nous avons de très bons résultats, avec un taux de près de 38 %. Je rappelle qu'en 2001 c'était moins de 25 %, 34,33 % en 2006 et 36,11 % en 2007. Pour les crimes, ce taux est plus que doublé, en particulier grâce à la police technique et scientifique. Une de mes priorités est donc d'en faire une police scientifique de masse, applicable à l'ensemble des délits.



Craignez-vous de perdre votre portefeuille à la faveur d'un remaniement ?



Depuis six ans et demi que je suis ministre, tous les mois des journalistes annoncent mon départ. Un vieux proverbe chinois dit qu'il faut toujours agir comme si ce jour était le dernier de votre vie et en même temps faire des projets comme si vous étiez éternel...


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# Posté le vendredi 31 octobre 2008 05:12

50 ANS déjà

50 ANS déjà
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# Posté le mardi 14 octobre 2008 07:11

La radicalisation islamique en prison au coeur d'un séminaire européen

La radicalisation islamique en prison au coeur d'un séminaire européen
SAINT-DENIS (AFP) — Des experts européens se sont réunis mardi à Saint-Denis, en banlieue parisienne, pour examiner la radicalisation islamique en prison, un phénomène constaté dans plusieurs pays de l'Union européenne.

En France, ce problème concerne "plus d'une centaine" de détenus, a affirmé la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie en ouvrant le colloque organisé par l'Unité de coordination de la lutte antiterroriste de la police française.

La radicalisation est un phénomène "que nous constatons depuis quelques années", a rappelé la ministre, soulignant que l'on retrouvait également ce phénomène "dans d'autres pays tels que l'Allemagne et l'Autriche".

La ministre a présenté un "manuel, à destination de l'ensemble des personnels pénitentiaires" de l'UE, recensant "un certain nombre d'indicateurs" annonciateurs d'un début de radicalisation et proposant "des recommandations".

Parmi ces "indicateurs", figure notamment "ce qui peut être d'ordre extérieur, vestimentaire ou barbe qu'on laisse pousser", a précisé la ministre.

Elle y a ajouté "d'autres, moins visibles, par exemple, le refus d'obéir à des ordres donnés par les personnels féminins" de l'Administration pénitentiaire.

Le manuel regroupe aussi des "recommandations pour essayer d'interrompre le processus, de rétablir un discours, d'empêcher l'enfermement (sur soi-même) qui préside souvent à la radicalisation", a souligné la ministre. Il invite aussi selon elle à "ne pas avoir une attitude de rejet d'une religion, assurer la liberté religieuse".

Outre des spécialistes européens, participaient à ce séminaire des représentants de l'Algérie, avec qui "nous voulons travailler", a affirmé la ministre, parce que "l'UE ne peut seule, lutter contre l'extrémisme ou le terrorisme".

Enfin, Mme. Alliot-Marie a jugé que si les prisons étaient "un lieu où on peut déceler, agir" contre la radicalisation, il en allait de même pour d'autres qui permettent "l'échange de formation ou d'informations", citant "les universités ou internet".
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# Posté le mercredi 01 octobre 2008 02:26

9-3 : une "compagnie de sécurisation"

La ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, installe demain après-midi la première "compagnie de sécurisation" en Seine-Saint-Denis, dont elle avait annoncé la création en janvier dernier, a indiqué l'Intérieur lundi, dans un communiqué.

Cette mesure s'inscrit dans le cadre du "plan de cohésion pour la Seine-Saint-Denis" que la ministre a mis en place après plusieurs réunions de concertation avec les acteurs locaux, précise-t-on de même source.

La ministre rencontrera les effectifs de cette nouvelle unité de police et fera le point sur l'état d'avancement du plan de cohésion départemental mardi à 15h30, à la direction départementale de la sécurité publique de Bobigny.

source LE FIGARO.
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# Posté le mercredi 01 octobre 2008 02:24